Collèges, Jeunesse, Santé

Santé et vie quotidienne les collégiens se sont exprimés

L'élu délégué à la jeunesse, Sébastien Gasparini, a introduit la restitution de l'enquête aux collégiennes et collégiens audois © Stéphanie Limongy - Département de l'Aude

Près de 500 collégiens audois ont participé à une grande enquête sur la santé et les habitudes de vie avec un grand nombre de sujets abordés tels que l’alimentation, le rapport aux écrans et la santé sexuelle. Menée par le Département de l’Aude en partenariat avec la faculté de droit de Montpellier à l'automne 2025, cette large consultation a fait l’objet d’une restitution au collège Les Fontanilles à Castelnaudary.

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Une enquête auprès des collégiens audois pour identifier les besoins et y répondre

Ils ont exprimé leurs questions, leurs besoins et leurs préoccupations. A l'automne 2025, les collégiens audois ont été sollicités pour répondre à une enquête menée par le Département, en collaboration avec les élèves du Master Métiers des études et du conseil de la faculté de droit et de sciences politiques de Montpellier. Ce questionnaire visait à mieux connaître le quotidien des jeunes de 11 à 15 ans, sur les thèmes de la santé et la vie quotidienne. Objectif : identifier les attentes des collégiens, les problématiques qui se posent à eux afin d'apporter des réponses adaptées à leurs besoins.

Faire preuve d’écoute pour mieux orienter nos politiques publiques et améliorer la vie des collégiens."

Une restitution des travaux a été organisée le mardi 10 mars au collège Les Fontanilles, à Castelnaudary, en présence de Sébastien Gasparini, vice-président du conseil départemental en charge de l’éducation et des collèges, ainsi que des étudiants et enseignants de la faculté de Montpellier, et d’une soixantaine de collégiens. "Qui mieux, que vous, pour parler de vous, a souligné l’élu en introduction, s’adressant aux adolescents. C’est la philosophie de cette enquête : faire preuve d’écoute pour mieux orienter nos politiques publiques et améliorer la vie des collégiens." Et de poursuivre : "Une précédente enquête réalisée auprès des membres du Conseil départemental des jeunes a notamment mené à l’installation de distributeurs de serviettes périodiques dans tous les collèges publics de l’Aude en 2023".

Présentée aux élèves dans les collèges et diffusée via l’ENT au mois d’octobre, cette enquête compile aujourd'hui les réponses de près de 500 collégiens audois. Les collèges ayant le plus de répondants sont Les Fontanilles, Montesquieu, à Narbonne et Joseph-Anglade à Lézignan-Corbières. Cet échantillon permet aujourd'hui de dégager les grandes tendances de la jeunesse audoise sur des thèmes tels que la santé, l’alimentation, la pratique sportive, le rapport aux écrans, les relations sociales ou amoureuses et la santé sexuelle.

Ces résultats offrent un comparatif selon le genre, la classe mais aussi entre collèges urbains et ruraux afin de déceler, le cas échéant, d’éventuelles inégalités.

Sexualité et santé physique et mentale, deux thèmes ressortis de l'enquête, feront l'objet de recommandations

Au cœur de cette restitution, deux thèmes ont été identifiés afin de proposer des recommandations au sein des établissements :

  • Sexualité et puberté

Concernant l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) intégrée aujourd’hui dans les programmes scolaires, il est préconisé dès la 6e de parler des règles aux filles comme aux garçons pour déconstruire les préjugés. D’après l’enquête, plus d’un garçon sur deux considère les menstruations comme embarrassantes ou gênantes et 40% des 6e ne savent pas répondre à cette question.
Le consentement devrait être également intégré, 40 % des 6e ne se sentent pas assez informés sur ce volet. De même que davantage de prévention sur les "nudes" ou photos dénudées et sur la pornographie. Au collège Joseph-Anglade par exemple, 33 % des élèves déclarent avoir vu des "nudes" circuler.
Enfin la sensibilisation aux infections sexuellement transmissibles (IST) et à la contraception peut être renforcée dès le plus jeune âge. Sur la question des IST, seuls 7 % des 6e se sentent suffisamment informés, pour la contraception ils sont 9 %. Des temps d’échange sur le sujet en petits groupes non mixtes avec des intervenants adaptés à chaque niveau sont préférés par les élèves.

  • Santé physique et mentale

Sur la pratique sportive, plus de 80 % des élèves, filles comme garçons, souhaiteraient exercer une activité sportive durant la pause méridienne. Une volonté déclarée de sport non-mixte se dégage aussi des résultats. Parmi les collégiens désirant la non-mixité, 45 % sont des filles. Elles le justifient par la pression et les remarques qu’elles subissent de la part des garçons. Les enseignants d’EPS sont invités à renforcer leur vigilance et instaurer un temps pédagogique consacré au respect mutuel ainsi que des activités spécifiques à la pause méridienne.
Au niveau de l’alimentation, des séances de sensibilisation aux troubles du comportement alimentaire peuvent être proposées aux élèves afin de promouvoir une alimentation équilibrée. 25 % des élèves ne savent pas ce qu’est l’anorexie et ils sont 32 % à ne pas savoir ce qu’est la boulimie. De plus, les questions autour des repas à la cantine montrent que les filles accordent plus d’importance à la maîtrise de leur alimentation que les garçons.
Concernant les troubles de la santé mentale, l’automutilation est également abordée. Le phénomène se répand chez les jeunes collégiens, la majorité d’entre eux, toutes classes confondues, connaissent l’automutilation. 35 % des 3e/4e déclarent connaître une personne se faisant du mal dans leur entourage. Une préconisation présentée est de tenir un journal mensuel du climat scolaire coécrit par élèves et adultes pour suivre les préoccupations, tensions et besoins exprimés. Le personnel médical, les CPE et les professeurs peuvent également mettre en place une veille interne pour repérer rapidement les signaux d’alerte.

Cet événement, présenté publiquement le 10 mars, entrendans le programme de la Quinzaine de l’égalité et de la diversité organisée du 6 au 20 mars par le Département.