Le sport avant le handicap

Timothée Quesada
Timothée Quesada, chargé de mission au Comité départemental handisport de l’Aude et par ailleurs arbitre de boccia paralympique, est un maillon essentiel de la promotion du handisport sur notre territoire. Il anime le nouveau dispositif des « clubs inclusifs ». Présentation.

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Les Jeux paralympiques ont-ils eu un impact sur le handisport et notamment dans l’Aude ? 
Timothée Quesada On ne mesure pas encore l’impact que ces Jeux auront sur le long terme mais on constate une augmentation du nombre de personnes en situation de handicap qui nous contactent pour se (re)mettre au sport. On sent aussi une évolution dans la façon d’analyser les pratiques. Les gens se focalisent davantage sur la performance physique des athlètes paralympiques. Il y a peu, on parlait plus du handicap que du sportif. 

Aujourd’hui, le département de l’Aude dispose-t-il de suffisamment de structures ? 
T. Q. Je vous répondrai simplement qu’il n’y en a jamais assez ! Les choses vont quand même dans le bon sens et beaucoup d’associations comme le Comité handisport de l’Aude ou nos homologues du sport adapté travaillent au quotidien pour développer et diversifier l’offre de pratique. J’en profite ici pour remercier le conseil départemental de l’Aude et notamment sa direction des sports qui nous accompagne tout au long de l’année. 

Un club inclusif s'engage dans une dynamique d'ouverture aux personnes en situation de handicap

Qu’est-ce qu’un club inclusif et donc para-accueillant ? 
T. Q. Un club inclusif ou para-accueillant, comme son nom l’indique, est un club sportif qui s’engage dans une dynamique d’ouverture aux personnes en situation de handicap. Il peut s’agir de clubs accueillant déjà ces personnes et ayant envie de parfaire leur formation ou d’associations qui souhaitent s’ouvrir à ce public. 

Quel sera votre rôle vis-à-vis de ces clubs qui s’engagent sur cette voie ? 
T. Q. Notre rôle est d’accompagner ces structures et de leur donner les outils pour que cet accueil se passe dans les meilleures conditions, que ce soit pour les pratiquants, les encadrants ou les dirigeants. 

Y a-t-il eu beaucoup de clubs candidats ? 
T. Q. Le Comité paralympique et sportif français et le Département de l’Aude ont fait en sorte de mobiliser des clubs issus de l’ensemble du département afin d’assurer le maillage le plus efficient possible. Nous avons réuni 12 clubs* dans l’Aude autour de ce projet. L’objectif au niveau national est de fédérer 3 000 nouveaux clubs à travers ce projet inédit qui constituera un héritage des Jeux paralympiques de Paris 2024. 

Peut-on imaginer davantage de synergie entre les valides et les handisports ? 
T. Q. Cette synergie existe déjà. Ce ne sont pas deux mondes qui s’opposent ou qui s’affrontent mais plutôt qui ont à apprendre l’un de l’autre et qui partagent une valeur et un souhait communs : l’envie de prendre du plaisir grâce au sport. 


* Les clubs inclusifs audois : Boxing Club Narbonnais, Société de tir de Castelnaudary, Sporting Club Leucate Corbières Méditerranée XV, Basket Club Sud Minervois, Montréal Rando, No Limits Fit Fight, Cercle nautique des Corbières, Aiki San Carcassonne, Corsa Club Omnisport, École Karaté Carcassonne, Carcassonne Volley, Triathlon Club Carcassonne. 

Une interview à retrouver dans la rubrique "Ça c'est du sport" du numéro audeMAG#53